Amélioration de l’accès aux produits de traitement de l’eau et la fourniture durable de ces produits pour 137 000 ménages tant dans les secteurs publiques et privés

Dans le cadre de ce programme DGIS 2019 ( Amélioration de l’accès aux produits de traitement de l’eau et la fourniture durable de ces produits pour 137 000 ménages tant dans les secteurs publiques et privés) il est prévu de toucher environ 250 000 personnes par la promotion du traitement et de la conservation de l’eau de boisson à domicile.

C’est dans ce contexte que l’UNICEF a établi un partenariat avec l’ONG Tinkisso qui a mis son expertise au service des communautés pour promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène afin de contribuer à la réduction des maladies d’origine hydrique considérées comme l’une des causes principales de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans en Guinée.

Pour la mise en œuvre, l’ONG Tinkisso a travaillé avec la TASK force régionale, préfectorale, élus locaux, leaders communautaires à la base et a pu obtenir leur adhésion et leur engagement à soutenir et pérenniser les acquis du projet.

Les 33 communes concernées sont réparties entre les préfectures de Boké (4), Boffa (7), Fria (3), Kindia (7), Coyah (2), Télimelé (2), Forécariah (4), Faranah (2), Dabola (2) et Kissidougou (1).

Le présent rapport porte sur les activités et résultats de la première étape du projet DGIS, cette étape a porté essentiellement sur la promotion du traitement de l’eau à domicile dans 33 communes rurales et le suivi des unités de production du chlore. Les principales activités menées ont été axées sur :

Identification et approvisionnement des points de vente dans les 33 communes rurales ;

L’évaluation de base avec les responsables locaux (mairie, DPS, chef de centre de santé, Task force locale et responsables de districts) pour le partage du contenu du projet ;

La maintenance et la production effective dans 30 formations sanitaires ;

Identification et approvisionnement des points de vente dans les 29 communes rurales ;

Sensibilisation porte à porte des ménages dans les 33 Communes Rurales ;

Campagne de Sensibilisation de masse dans les lieux publics ;

Campagne de contrôle de qualité de l’eau traitée à domicile ;

Visite à domicile ;

Campagne de sensibilisation des élèves dans les écoles des communautés rurales cibles ;

Suivi/appui des activités sur le terrain ;

Conception et mise à disposition des outils de gestion ;

Suivi de la production et de l’utilisation du chlore dans les CS bénéficiaires.

 

  1. Objectif Global :

Amélioration de l’hygiène à travers la promotion des solutions chlorées dans les communautés et les formations sanitaires de 33 communes rurales ciblées par le programme DGIS.

 

  1. Description des résultats et activités :

 

  1. Partage du contenu du projet avec la TASK Force

Organisation des réunions de concertations, de partage d’information et d’orientation avec les éléments de la TASK Force régionale, préfectorale, les mairies pour le partage en vue d’obtenir leur soutien et leur adhésion pour la bonne marche du projet.

A ce niveau, nous avons constaté que les démembrements de la TASK force locale bien qu’existant ne fonctionne pas ou peu. Nous avons eu des difficultés à réunir ces administrateurs pour partager le contenu du projet.

 

  1. Maintenance et production des unités de production.

Tinkisso a rapidement fait le constat qu’il etait nécessaire de développer l’accessibilité au chlore dans les formations sanitaires en Guinée. En effet, le Chlore est le meilleur désinfectant, pour le traitement de l’eau potable mais aussi pour la désinfection en milieu hospitalier, c’est le seul produit qui peut garantir la rémanence de la désinfection de l’eau.
Par rapport aux risques épidémiques auxquels les Guinéens sont exposés et dont ils ont déjà beaucoup souffert, cholera et ébola notamment, le chlore s’impose comme le palliatif incontournable.

L’approche de production de chlore, développée par Tinkisso, propose l’utilisation d’un appareil simple, robuste et durable : le WATA, deux électrodes métalliques, est plongé dans un bain de sel et alimenté par de l’électricité pour permette de produire du chlore.
Pour produire 1 Litre de chlore à 6 g/L ou 0,6 % de concentré actif, il faut :

400 grammes de sel

1 Litre d’eau

De l’électricité (3 A sous 12V courant continu pendant 1 heure)

 

  1. L’objectif principal est le suivant :

Faciliter l’accès au chlore et donc l’accès à une eau de qualité dans les centres de santé et permettre de meilleures conditions d’hygiène et d’assainissement.

  1. Objectifs secondaires

Encourager les bonnes pratiques d’hygiène (nettoyage du centre, latrines, lessive, toilette…) ;

Appuyer les centres de santé dans la lutte contre les maladies nosocomiales ;

Donner des moyens de réaction rapide et locale aux risques épidémiques ;

Développer des mécanismes générateurs de revenus au niveau du Ministère de la Santé.

Depuis 2016, au niveau des formations sanitaires, Unicef et son partenaire ont réalisé une série d’activité notamment :

La négociation avec les autorités sanitaires, la fourniture des appareils, la fabrication locale de module solaire, l’élaboration de manuel de formation des producteurs, la formation, la préparation et le test de support de gestion et de monitoring, la capitalisation de la maintenance, la réalisation d’activité de sensibilisation dans les formations sanitaires, le support technique aux unités de production ainsi que le suivi et l’évaluation sur le terrain. Tout cela a été fait en partenariat avec les autorités sanitaires régionales et en lien avec Unicef, par l’intermédiaire des rapports et échanges réguliers sur les avancées, les resultats, les questionnements et les difficultés.

Ce programme a été confronté à plusieurs ordres de difficultés. Cependant en ternes de resultats, nous avons pu d’ores et déjà confirmer que la production décentralisée du chlore dans les formations sanitaires et son utilisation pour la désinfection sont bien possible. Les conditions de réussite et les causes d’échecs ont été identifiés lors de notre précédente mission. Pour ce projet, nous avons procédé à une évaluation pour identifier les problèmes en vue d’apporter des solutions idoines.

  1. Constats

Après une évaluation de la situation, il se dégage les constats suivants :

Sur 30 appareils installés, seuls 4 sont fonctionnels ;

Les convertisseurs d’alimentation sont tous grillés pour ceux qui ne fonctionnent pas ;

Le Ministère de la Santé et ses démembrements n’a pas intégré l’approche de production in situ comme moyens de lutte efficace contre les maladies nosocomiales ;

Les donations des partenaires en solution de désinfections (eau javel bon marché qui rend compliquée l’appropriation par les tenanciers ;

La qualité du chlore produit ne répond aux normes et standards pour la désinfection en milieux hospitaliers.

Nous avions pu constater, déjà pendant les phases précédentes, l’importance d’un suivi de proximité des unités de production de chlore par les autorités sanitaires des régions concernées. Nous avons plusieurs fois souligné que ce suivi serait fondamental pour un monitoring correct et constant des activités ainsi que pour l’appropriation de la production au niveau des formations sanitaires. Pour cela, conformément aux suggestions, nous avons recommandé aux autorités sanitaires de s’engager dans un programme de suivi rapproché et d’intégrer le financement des frais relatifs dans les requêtes d’appui présenté annuellement aux partenaires et à l’Unicef. Les autorités sanitaires concernés par la production nous ont affirmé avoir diligenté ces requêtes ; fort malheureusement, ils regrettaient que les fonds relatifs n’aient pas été mis à leur disposition.

Nous pensons que pendant cette phase d’évaluation, en dépit des difficultés rencontrées et grâce au dispositions prises pour les surmonter, la production de chlore pour l’ensemble de la zone DGIS mérite une concertation entre différents acteurs de mise en œuvre afin d’aborder ensemble les pistes de solutions concertées pour la reprise de la production.

Tout investissement pour relancer la production sans l’implication effective et l’appropriation du Ministère de la Santé sera voué à l’échec.

 

  1. Amélioration de l’accès aux produits de traitement de l’eau et la fourniture durable de ces produits pour 137 000 ménages tant dans les secteurs publics et privés.  

 

Il faut noter que depuis une dizaine d’année, le Ministère de la Santé et ses démembrements ont servi de point d’approvisionnement pour rendre accessible les produits de traitement de l’eau au niveau des ménages, ce qui n’a pas permis de couvrir les ménages cibles dans leur majorité. Il est à noter que la présence du Sur’Eau dans les centres de santé l’étiquetait comme un produit de santé utilisable seulement en cas de maladie. C’est pour cette raison que Tinkisso pour améliorer la stratégie d’intervention a intégré les communes rurales et les chefs de districts dans le processus de sensibilisation et de vente. Cette stratégie a un triple objectif :

  1. Améliorer l’accès aux produits de traitement de l’eau et la fourniture durable de ces traitements, tant dans le secteur public que dans le secteur privé ;
  2. Augmenter l’utilisation correcte et uniforme des produits de traitement de l’eau ; et
  3. Renforcer les connaissances au sujet de l’efficacité́ et de l’utilisation du traitement de l’eau, notamment :

Renforcer les connaissances sur la transmission et la prévention de la diarrhée, et sur les risques chez les enfants de moins de cinq ans ;

Renforcer les connaissances sur les techniques d’hygiène correctes, notamment le lavage des mains, le maniement correct des aliments et le nettoyage correct des ustensiles de cuisson ;

Renforcer les connaissances sur les techniques de stockage de l’eau ; et

Renforcer la sensibilisation à propos du Sur’Eau et des points d’accès aux produits.

Dans chaque commune rurale, Tinkisso a mis en place un comité de gestion pour l’appropriation communautaire, un contrat tripartite entre la mairie, les points de vente et chefs de districts ont été établi, ce qui a permis à l’ensemble des 623 districts de la zone d’intervention d’avoir un point de vente.

84 234 ménages sont sensibilisés par les acteurs locaux : dans chaque district rural des zones cibles, un élément a été formé et fut soutenu par des agents de Tinkisso déployés sur le terrain afin de renforcer les campagnes de sensibilisations. Au total, l’organisation a envoyé sur le terrain 38 agents qui ont sillonné les différents districts, procéder à des sensibilisations de masse, dans les marchés, les écoles, les centres de santé et tout ceci couronné par des visites à domicile pour s’assurer de la bonne utilisation des produits. Au total 1 058 visites à domicile ont été effectué, 19 campagnes de sensibilisation au niveau des écoles qui a touché plus de 9 432 élèves.

08 missions de suivi – appui sont réalisées : les 03 superviseurs de l’ONG Tinkisso ont chacun assuré 02 supervisions croisées, le responsable de programme a suivi les superviseurs dans leurs zones et un élément de la TASK force locale pour évaluer les progrès en vue d’améliorer les difficultés rencontrées.

  1. Leçons apprises et recommandation

 

  1. La demande et l’utilisation du chlore dans les communautés sont fonction de la communication et l’accessibilité géographique du produit.

 

  1. Le temps consacré à la promotion du traitement de l’eau à domicile doit s’étendre au-delà de la durée du projet pour induire le changement de comportement souhaité en faveur de l’utilisation régulière des produits chlorés par les populations.

 

  1. La traduction et la diffusion des messages en langues locales ont créé un engouement au tour des points de vente du chlore pendant la période de sensibilisation.

 

  1. La comparaison de l’eau traitée au chlore avec l’eau minérale par certains ménages est une confirmation de leur compréhension des avantages du TED par le chlore.

 

  1. La communication de proximité (inter personnelle ou radio locale) est un canal adapté et efficace pour assoir et renforcer la compréhension des communautés et leur appropriation des interventions EHA et autres actions de développement.

 

  1. L’utilisation des agents communautaires et les leaders naturels dans la promotion des bonnes pratiques (TED, Lavage des mains au savon) a permis de toucher plusieurs ménages et a facilité l’appropriation des interventions par les cibles.

 

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